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Le bonheur ( enfin ! ) - J'ai dû m'endormir vers 22 heures et à 5 h,quand je me suis levé pour aller aux toilettes, despèlerins s'affairaient et certains étaientdéjà prêts à partir. Je n'airien entendu (cette fois les boules Quies ont fait leur effet ). Ilssont tous si pressés qu'à 6H nous ne sommes plusque deux. Aujourd'hui j'ai du temps devant moi car l'étapeprévu ne fait que 19 km, une bagatelle…(en fait suivant un autre documentça serait 21 km...)
Jeprend un Nescafé, une gorgée de laitconcentré sucré et ça sera ledéjeuner du matin. Dehors, le temps menace - Jedécide de me vêtir toujours en habits de pluie(pantalon, guêtres, coupe-vent imperméable) -Après une rapide toilette et rasage, je quitte l'albergue,il est 6 h 45.
Aprèsquelques kilomètres je sent quelques gouttes furtives - jemets la capuche…Rien. Au bout d'une heure, jedécide de tout enlever. Le temps ne semble pas vouloirtourner à l'orage (tant mieux). La ballade le long de l'Argaest magnifique et très facile. De trèslégères montées et descentes quititillent quand même les muscles des tibias, toujourssensibles aux descentes, et aux mollets, toujours sensibles auxmontées (merci Roncevaux, Zubiri et les autres…).Je porte mon chapeau et ma veste à la main car il faudraitque je m'arrête pour les ranger, et on ne sait jamais, si letemps changeait… Mais c'est un petit peu encombrant et jen'arrête pas de les changer de mains. Stupeur ! de passerd'une main à l'autre avec ma veste, mon chapeau a disparu !Non, lui va me servir encore pendant 30 jours, j'en ai absolument besoin. Tant pis, je fais demi-tour. Heureusement je le retrouve seulement après 100 m. Je croise quelques chiens sans problème. Soit ils sont en ballade avec leur maître, soit ils sont attachés. Si ça continu comme ça, je serais à Pampelone à 11 h. D'après mes calculs j'aurais dû mettre 6 h. En partant à presque 7 h, je pensais arriver vers 13 h . Et pourtant je ne marche pas vite. Une petite Italienne que j'avais laissé au gîte me double comme si elle était en vélo ! dingue ! il faut le voir pour le croire. D'un coup j'ai l'impression de faire du sur place…Peut-être presse t-elle le pas pour rejoindre les Italiens qui sont partis de bonne heure ce matin ? C'est Dimanche…arrivé à Zuriain ou Irotz (je ne sais plus...), je me rends compte que je ne pourrais pas acheter de quoi manger… Je m'engouffre dans une panaderia (boulangerie), ouf, elles sont ouvertes…Je désigne un pain pas trop grand qui a l'air sympathique (genre campagne) - il tiendra parfaitement dans la poche filet du sac. Mais la faim aidant, je décide de l'entamer un peu. C'est là que je m'aperçois que c'est du pain complet….Alors si ça c'est pas un signe du destin, qu'est-ce que c'est ? Le pain complet c'est plein de céréales et de bonnes choses comme les glucides si chers aux sportifs… et comme c'est un signe, je le grignote entièrement tout en marchant…Il va me caler l'estomac pour quelques heures.... Avant de quitter la ville, au détour d'un virage, assise sur un banc, l'Italienne qui m'avait doublé comme une fusée quelques heures plus tôt. Elle est en train de se masser les pieds (peut-être a t-elle une ampoule ? )
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Il est a peine 10h30 quand j'arrive à Pampelune.
Autrement dit, j'ai tout faux, et sur toute la ligne. J'ai mal calculé mes temps de marche, et je crois que je ne pourrais plus compter sur le timing prévu dans mon book.
Encore un clin d'œil du destin (ou de St Jacques) pour me montrer que le chemin c'est d'abord le hasard et qu'il faut laisser les choses venir… être aware quoi !
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Depuis un moment je sens quelque chose de pas normal à nouveau du côté du pied droit. Comme j'ai largement le temps, je n'ai aucune peine à m'arrêter sur un banc,près du pont de la Magdalena, à l'entrée de la ville (le chemin passe par des quartiers pauvres…).
Je déchausse, une nouvelle ampoule en formation un peu plus bas que l'elastoplaste de la veille. A nouveau Elastoplaste.
Si ça continu comme ça, mes orteils vont ressembler à des momies.
Quelques mètres plus loin, à nouveau assise sur un banc, l'Italienne (je ne lui demanderai jamais comment elle s'appelle ou j'ai oublié ?), toujours en train de se tripoter les pieds. Je ne peux m'empêcher de faire un détour pour lui demander ce qui ne va pas. Ampollas?? Non, pied fait mal…répond-elle. Elle a donc des douleurs aux pieds, tendinites ? la barrière de la langue ne me permettra pas d'en savoir davantage....
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A l'entrée de Pampelune je retrouve mon couple de sud-africains (ils me prendront en photo devant le pont levis.(et moi aussi avec leur appareil).
Je voulais sortir mon collier au bout duquel pend ma petite coquille St Jacques, histoire de montrer mon "statut" (dès fois que l'on me prenne pour un touriste ! ).
Même s'ils en voient tous les jours, peu abhorre la coquille en pendentif. En tâtant autour de mon cou rien… l'aurais perdu ? je profite d'un arrêt pour regarder dans les petits tuperwares (parfois je la range là pour la nuit afin de ne pas l'écraser).
Rien…Dommage…Peut-être un signe de St Jacques pour le dire que désormais mon statut est en moi ou sur mon visage et que cela suffit ainsi.
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Je traverse Pampelona. Un arrêt rapide à l'église St Cernin. Comme j'ai mangé tout le pain, j'en rachète un autre. Les boulangeries font aussi souvent croissanterie et bar, c'est la raison pour laquelle elles sont ouvertes. Mais où est mon pain Espagnol ? Quand j'étais petit, j'habitais Perpignan, et nous allions de temps à autre en Espagne. J'ai le souvenir d'un petit pain rond, bon comme du pain brioché. Depuis mon entrée en Navarre ça ne sont que des pains et baguettes congelées, issues certainement de la même chaîne (même forme, même goût fade…même croûte qui s'écaille dès qu'on la touche…).
Si vous êtes artisan boulanger, un conseil, allez en Espagne vous allez y faire fortune…
J'enlève le protège sac que j'avais mis ce matin pour l'éventuelle pluie. Je range une baguette de chaque côté dans les filets externes. Super ! le pendentif et la coquille sont là ! D'accord St Jacques, j'ai compris..(merci quand même de me l'avoir rendu).
Malgré ma flânerie dans les rues de Pampelona (il n'y a pas encore de taureaux dans les rues ...;-)), il est 10 h45 et le temps c'est nettement dégagé. Un thermomètre public m'apprend qu'il fait 22°. Super ! ni trop chaud, ni trop froid. Je traverse Pampelona par de magnifiques jardins - Je m'arrête à nouveau, à l'ombre…, pour réexaminer mes pieds, pas la peine de courrir de risque… RAS - Mais par précaution, je remets une couche de crème anti-frottement.
A force de jouer les touristes (sans pour cela dévier du chemin ), il est 11 h30 et le soleil chauffe de plus en plus… Tout est fermé puisque c'est dimanche. Je décide alors de pousser jusqu'à Cizur Minor qui est à 5 km. Ca raccourcira d'autant l'étape de demain qui risque d'être difficile.
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Bien m'en a pris ! L'albergue de Martial Roncal estun véritable 4 étoiles.
De plus, la personnequi me reçoit parle très bien Français(entre autre…).
Je retrouve le couplede sud Africains, quelques pèlerins de Larrasaona, etvoilà les italiens qui arrivent (et qui parlent encore plusfort…et que me fatche….bzzzzbzzzz). Ils étaient pourtant partis bienavant moi ce matin, après "discussion" ils me diront qu'ilssont restés longtemps à se promener dansPampelona.
(heureusement il y en aun qui parle un peu Français..).
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Pour la première fois je me suis retrouvé dans la cuisine de l'auberge à partager le repas avec d'autres pèlerins.
Il y avait là Nicole (une Suisse d'environ 60 ans), un "couple" en retraite (en fait Paul et sa sœur Marie-Annick), des Allemandes de Cologne, une Autrichienne…Toutes grandes et "costaudes" comme le veut le cliché. Et je ne parle pas de tout ce qu'elles ont mangé ! Ya-Ya…that's good… heureusement que Nicole est là..Elle parle couramment Anglais, Allemand, Français etc….et sert d'interprète aux Français présents. En ce qui me concerne comme je n'ai rien pu acheter, j'ai fait un bol de blé trouvé sur place avec des pâtes (aussi laissées par de sympathiques pèlerins qui ne voulaient peut-être pas se charger). Il y avait même du beurre dans le réfrigérateur ! Avec un morceau de gruyère (à moi) , le tout arrosé d'un car de vin généreusement offert par les amis allemands, qui eux, fortune oblige…,avaient commandés des plateaux repas !
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Finalement pour un dimanche, j'ai mieux mangé que les autres jours ! La Suisse m'apprend que Gérard (le gars de Burguette qui était reparti vers Roncevaux) est bien là, mais il est dans une autre auberge - mais je ne m'explique toujours pas comment il ne m'a pas rattrapé lui qui marchait si vite…) S'il continu, on finira bien par se rencontrerà nouveau…(enfait non, je ne le reverrai pas plus par la suite…)
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En soirée, le temps menace...et les nuages envahissent El Pardon

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Il est 20 h 30 il y a encore despèlerins qui arrivent …..
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