Les choses à ne pas rater sur le Camino Frances

Le Camino Frances est riche en monuments historiques, églises et cathédrales, contes ou légendes du moyen âge. Il y a donc beaucoup de choses à voir sur ce Chemin. La liste serait longue. Voici tout de même quelques monuments ou curiosités qu'il serait dommage de rater lors de votre passage en ces lieux (liste non exhaustive ! ).

Pas de Roldan

1 - Etape après Roncevaux, le pas de Roldán

Commençons tout d'abord par le village de Linzoain et le pas de Roland. Vous avez quitté Roncevaux, passé Burguette, Espinal, Viscarret, puis Linzoain. Ensuite ça monte pas mal aussi vers le village de Erro. En plein bois, vous arrivez au mythique Alto de Erro. Avant d'atteindre la cime, sur la droite du chemin, vous apercevrez trois blocs de pierres (parfois cachés par les herbes), un grand et deux plus petits. Ils indiquent, selon la légende, l'empreinte du pas de Roland (Roldán), de sa femme et de son fils

 Pont des bandits

2 - Larrasoaña

Le pont que l'on emprunte pour entrer à Larrasaoña (et par lequel on repartira pour atteindre Pampelune si l'on a dormi à l'auberge du village) s'appelle le pont des bandits. Au moyen âge, les bandits attendaient ici les pèlerins pour les détrousser.

 Eunate

3 - la chapelle d'Eunate

Etape vers Puenta la Reina. Vous avez quitté Pampelune, monté l'Alto del Pardon (et ses fameuses éoliennes). Un peu plus loin, au village d'Ibanos vous aurez le choix de faire un détour (de 2,5 km) par la chapelle d'Eunate (l'hermitage de Santa Maria d'Eunate). N'hésitez pas, les 2,5 km valent largement le détour. Avant d'y arriver, vous aurez croisé une autre curiosité , la chapelle des morts, seule sur le bord d'un champ. Harmonieuse construction de style protogothique avec sa coupole mozarabe (construite aux environs de 1170), la chapelle d'Eunate était vraisemblablement un ancien hôpital de l'ordre de Saint Jean, à moins qu'il ne s'agisse d'une église-cimetière au service du Chemin de Saint-Jacques de Compostelle qui passe (passait ?) juste au pied de ce monument.
N'hésitez pas à entrer à l'intérieur de la minuscule chapelle (on laisse ses chaussures à l'entrée), asseyez-vous quelques instants. A quelques mètres, en reprenant le chemin vers Puente la Reina, vous apercevrez (si elle existe encore) une table en bordure d'une maison. Vous pourrez apposer le tampon d'Eunate sur votre credencial (en libre-service). Il serait un peu long d'expliquer son histoire complète. Pour en savoir plus, consultez la page Wikipédia consacrée à cette chapelle, cliquez ici.

Puente La Reina

4 - Puenta la Reina

A l'entrée de Puente la Reina, un monument (la statue grandeur nature d'un pèlerin) signale le lieu de rencontre où se retrouvaient les pèlerins en provenance de Roncevaux et du Col du Somport. On raconte qu'en plus de s'y rejoindre, ils se donnaient de très fortes accolades.
Ce monument est à proximité d'un grand hôtel, sur la route principale qui entre dans la ville.

Chaussée Romaine Cirauqui

5 - Cirauqui

Vous aurez parcouru environ 7,5 km depuis Puente la Reina, et vous arrivez à l'ancien village fortifié de Cirauqui.Après être sorti du village, vous emprunterez l'ancienne voie Romaine restée (presque) intacte sur quelques centaines de mètres. Posez votre oreille sur le parapet du pont et écoutez passer les légions Romaines...

Cloître Estella

6 - Estella

Cette ville est aussi nommée la Tolède du Nord à cause de sa richesse en monuments. Ne manquez pas de visiter (entre autre) le cloître aux piliers torsadés (unique en Europe). Il est ouvert en fin de journée.

La fontaine à vin d'Irache

7 - La fontaine à vin d'Irache !

Très rapidement, après être sorti de la ville d'Estella, vous aurez le choix entre deux chemins. Le premier à droite va directement jusqu'à Azqueta, mais il serait dommage de le prendre et de rater la seule fontaine au monde qui délivre du vin !
Prenez donc la deuxième option qui vous emmène au monastère d'Irache (ne vous inquiétiez pas, vous êtes toujours sur le Camino Frances, et ce détour vous emmène de toute façon au village d'Azqueta)
Lisez l'article que nous lui avons consacré ici
Juste après, vous passerez devant le monastère de Santa Maria La Real, d'origine Wisigothique.

Source medieval Camino Frances

8 - Une source médiévale

Après le village d'Azqueta, vous vous dirigez vers Villamayor de Monjardin. Avant d'y arriver, vous allez traverser des vignes. En bordure du Camino même, vous verrez ensuite un petit bâtiment. Il s'agit de la source médiévale du XIII siècle avec une voûte en double arc, aussi connue comme la source "des maures". Jusqu'à une période récente, Il y avait une truite au fond qui attestait de sa pureté. Peut-être aurez-vous la chance d'en voir une ?

Torres del Rio Camino Frances

9 - Torres del Rio

Après le village de Los Arcos, vous passerez par le village de Sansol puis de Torres Del Rio (et peut-être qu'il s'agira de la fin de votre étape du jour car il y a une auberge). Allez voir son église. On retrouve la tradition du saint sépulcre avec sa construction de plan octogonal inspirée des églises de la terre sainte.
Autrefois cet édifice disposait d'une énorme lanterne en haut de la tour qui servait de phare aux pèlerins.

Navarette Camino Frances

10 - Navarette - Hôpital de pèlerins de San Juan d'Acre

Après Navarette en direction de Nájera, vous passerez devant le cimetière.
Le portail est celui de l'ancien hôpital pour pèlerins de San Juan d'Acre, dont vous aurez vu les ruines un peu avant.

Santo Domingo de la Calzada Camino Frances

11 - Santo Domingo de la Calzada. (légende)

Dont un dicton dit "donde canto la gallina después de asada" ("où la poule chanta après avoir été rôtie").
Entrez dans l'église. Juste après la porte sur la gauche, à trois mètres du sol et sur un balcon fermé, picorent un coq et une poule depuis des siècles. Les volatiles sont changés tous les 15 jours. Ils rappellent le miracle le plus célèbre du chemin, celui du pendu dépendu dont voici l'histoire : Un jeune pèlerin fût accusé injustement de vol par une servante rancunière (amoureuse éconduite par le jeune homme). Pour se venger elle cacha dans ses bagages des couverts en argent. Arrêté, Il est jugé coupable et pendu. Ses parents, qui l'accompagnaient, poursuivirent leur pèlerinage jusqu'à St Jacques de Compostelle.
Au retour, surprise, ils constatent que leur fils encore pendu est toujours vivant ! Santo Domingo me soutient par les pieds explique-t-il. Les parents se précipitent chez le juge et le trouve attablé devant deux volailles rôties. L'homme de loi se moque : " .. votre fils est vivant aussi vrai que ce coq et cette poule vont se mettre à chanter.. ". C'est alors que les bêtes se dressent dans l'assiette et se mettent à chanter !
Bouleversé, le juge fait dépendre le jeune homme et après avoir reconsidéré l'affaire, fait pendre la servante pour son mensonge.

Burgos Camino Frances

12 - Burgos, ville du Cid

Visitez la Cathédrale Santa Maria de Burgos (en bordure du Camino, vous ne ferez donc pas un détour). A l'intérieur se trouve les tombeaux du Cid et de Chimène

San Anton Camino Frances

13 - San Anton

Quelques kilomètres après Hontanas, vous passerez sous l'arche de l'ancien Couvent de St Anton avec les restes de l'église gothique du XIVème siècle.L'Ordre des Antonianos auquel appartenait ce couvent, fut fondé en 1095. Ses moines ont atteint un grand prestige parce qu'on disait d'eux qu'ils soignaient une maladie de type gangrène (l'ergotisme) et qui était provoquée par le seigle ( cornezuelo du seigle).
Elle fut en quelque sorte, la peste du continent européen pendant les Xème et XIème siècles. Cette maladie était connue sous le nom de mal des ardents ou feu de Saint Anton. Etant donné le risque important de contagion, la plupart de ces hôpitaux / couvents furent construits en dehors des villes

Puente de Orbigo Camino Frances

14 - Horbigo et son fameux pont

Ici en 1434, un cavalier occupa fièrement le pont pour l'amour d'une femme, Doña Leonor. Chevalier prisonnier de son amour, il avait juré de jeûner tous les jeudis, et de porter un collier de fer blanc en signe de son esclavage.
Pour se délivrer de cet état, il proposa au roi de défier avec neufs compagnons, tous les chevaliers qui ambitionnaient de franchir le pont et de rompre 300 lances. Le combat dura un mois. On ne rompit pas les 300 lances, et il y eu 1 mort.
Puis tout ce petit monde (vainqueurs et vaincus) alla bras dessus bras dessous en pèlerinage à Compostelle offrir un collier d'or à l'apôtre. Le chevalier mourra 24 ans plus tard de la main d'un de ces duellistes, qui ne lui aurait jamais pardonné le déshonneur. Chaque année, en principe au début du mois de juin, se déroule une fête médiévale au cours de laquelle, a lieu un tournoi de Chevalerie au pied du pont. Voir le document en Espagnol ici et une vidéo ici.

Astorga Camino Frances

15 - Astorga

Ne manquez de voir (ou de visiter) le palais épiscopal, œuvre du célèbre architecte Catalan Antoni Gaudi.
Autre curiosité, mitoyen de l'église de Santa Marta, la maison des emmurées (celda de las emparedadas) et son unique fenêtre par laquelle les pèlerins offraient la nourriture à des emmurées vivantes (femmes de mauvaises vie, condamnées ou pénitentes volontaires) - Une autre fenêtre communiquait avec la chapelle de l'église de Santa Marta, dans le but d'assister aux offices sacrés. Une inscription ferait pencher pour la seconde :" Souviens-toi de ma condition, moi, hier, toi, aujourd'hui (ou demain)" - A y réfléchir, ne sommes-nous pas tous emmurés quelque part ?
Goûtez aux pâtisseries "Mantecadas" - et pour ceux qui ne sont pas végétariens, le Cocido maragato (ragoût de huit viandes, spécialité du lieu)

Foncebadon - Cruz de Ferro Camino Frances

16 - Foncébadon et la cruz de Ferro

Incontournable, le village " abandonné ", ou du moins en ruines, de Foncébadon. Vous pourrez y passer la nuit puisqu'il y a une auberge (restaurée après 2005). Après avoir quitté le village pour reprendre la suite du Camino Frances, vous montez sur la crête. Vous croisez une route goudronnée. Prenez à droite. En la suivant (et de toute façon c'est le Chemin), vous arrivez sur un petit plateau avec une chapelle, et la fameuse Cruz de Ferro.
Vous êtes à 1500 mètres d'altitude. C'est un poteau en bois d'environ 5 mètres, surmonté d'une croix en fer (l'original de cette croix est conservé au musée du palais épiscopal d'Astorga.). On ne connait pas l'origine exacte et la raison de sa construction. Repère en temps de neige, limite de territoires, récupération Chrétienne d'un lieu de culte Celtes, ou lieu d'un autel Romain dédié au dieu Mercure ?...
Depuis fort longtemps, chaque pèlerin y dépose sa pierre (et/ou sa prière). Vous constaterez donc un monticule de cailloux à sa base. Certains sont relativement gros, et l'on peut se demander si ce sont vraiment des pèlerins qui les ont amenés ici. En tout cas, n'oubliez pas d'emporter un petit caillou (poids oblige !) depuis votre domicile.

Manjarin Camino Frances

17 - Manjarin

À 4,5 kilomètres de Foncébadon, et s'il existe encore...vous croiserez le refuge de Manjarin et son gardien qui se définit comme le dernier templier. Vous ne pouve pas le rater, le drapeau avec la croix des templiers flotte sur son mat

Ponferrada Camino Frances

18 - Ponferrada

Et son célèbre Château templier. Vous ne pouvez pas le rater.

VillaFRanca Camino Frances

19 - Villafranca

Près de l'une des albergues, vous verrez l'église Saint-Jacques et sur le côté son célèbre portail (Puerta Del Pardon).
Au moyen-âge, beaucoup de pèlerins mourraient avant d'être arrivés à Santiago. Aussi, il fut décidé par les autorités religieuses, que les pèlerins qui touchaient son portail bénéficiaient des mêmes grâces que s'ils avaient atteint Compostelle.

Pierre du diable Camino Frances

20 - La Pierre du diable (légende contemporaine ?....)

La plupart des pèlerins piétinent sans la voir cette pierre du Diable ( pierre plate d'environ 80 cm de diamètre). Elle repose à même le sol, en plein milieu du sentier qui monte vers La Faba, dans sa partie ombragée sous une belle voûte d'arbres, à mi-distance entre les petits hameaux d'Hospital et de La Faba.
Si les pèlerins ne la voit pas toujours, c'est parce qu'elle est souvent recouverte par des feuilles. La légende raconte que c'était à cet endroit qu'un diablotin (à moins que ça ne soit le diable lui-même ?) attendait les Jacquets pour leur jouer un vilain tour, ou les dissuader de continuer, ce qui était tentant car la montée vers O'Cebreiro est difficile...
Un jour, Saint Jacques en eut assez et le transforma en pierre. Ainsi, tous les pèlerins (et souvent même sans l'apercevoir) le piétinent, et ce jusqu'à la fin des temps.

La légende complète et les photos ici

O_Cebreiro Camino Frances

21 - O Cebreiro et son miracle (légende)

Inutile de vous parler des habitations à la forme très particulière, vous les découvrirez sans problème. Par contre, vous pourrez lire l'histoire ci-dessous sur une stèle près de la chapelle où ce serait passé un miracle.
La légende raconte qu'un homme grelottant de froid pénètre dans le sanctuaire glacé. Ce paysan de Barxamaior risqua donc sa vie pour assister à la messe, car il faisait un temps à ne pas mettre un loup dehors. Le moine se moqua intérieurement de ce fruste nigaud. Le paroissien frigorifié, lui, n'a d'yeux que pour l'hostie que le prête incrédule, lève en songeant "Tout ça pour un peu de pain et de vin ! ". Subitement, le pain se transforme en chair palpitante. Dans la coupe, le vin se change en sang. Les deux protagonistes sont enterrés côte à côte depuis le 14ème siècle. Depuis, la patène (assiette recevant les hosties) et le calice du sacrifice s'exposent à la vénération dans un reliquaire coffre-fort.

Portomarin - Camino Frances

22 - Portomarin

Ne manquez pas de voir l'église aux pierres numérotées (à l'extérieur). En effet, cette dernière a été déplacée pierre par pierre (dans la nouvelle ville sur les hauteurs) lors de la construction du barrage qui a inondé l'ancien village, maintenant sous les eaux du lac et sur lequel vous êtes passé en prenant le pont qui mène au village.

Furelos - Camino Frances

23 - Le Christ de Furelos

Un peu avant Melide, aurez-vous la chance de voir le Christ de l'église San Juan du village médiéval de Furelos ? Un Christ sur la croix (Xème siècle), mais avec une main déclouée vous invite à la prendre dans la vôtre.
Image du Christ publiée avec l'aimable autorisation de Jean. Blog de Jean Monneret à lire ici.
Si c'est ouvert..., vous pourrez y faire tamponner votre credencial.