Le Puy en Velay (Georges)
Etape 05 - Aubrac à Montgros
Etape 05 - Aubrac à Montgros
Pèlerinage vers Saint-Jacques de Compostelle - cinquième étape
Mauvaise nuit, mais je m'y attendais, les putois sont partis vers 5 heures du matin (je les ai identifiés dans la soirée : deux espèces de « soixantuitards » attardés qui avaient retiré leurs « pompes » et les avaient mis bien en évidence au milieu du couloir, afin que nul n'en ignore.
Heureusement que Bush (le fils) n'en a pas été informé, sans quoi nous aurions vu arriver la cavalerie qui nous aurait attaqués pour détention d'armes de destruction massive.
Debout à 6h20, je pars vers une brasserie que j'ai repérée et qui ouvre à 6h30. On veut bien me servir un crème à la condition que j'aille m'acheter mon pain ou mes croissants à la boulangerie.
Au boulanger qui me sert, je demande s'il peut faire 2 sandwichs (1 pour Louis 1 pour moi) que je passerai prendre vers 8 heures.
Petit déjeuner avalé, nous nous y dirigeons, Louis et moi, pour récupérer notre casse-croûte.
Le boulanger est devenu entre temps une boulangère qui me regarde comme si j'avais proféré une insulte et me dit en termes élégants qu'ils n'ont jamais fait de sandwichs. J'insiste, explique mon cas, monsieur le boulanger, les croissants etc. et sans un mot elle part. Suit alors ce dialogue digne du meilleur Audiard :
- la boulangère (au boulanger ?) : tu fais des sandwichs toi maintenant ???
- le boulanger ( ?) à la boulangère : Ah il est revenu chercher ses sandwichs l'autre !
- l'autre (en l'occurrence moi) : Oui il est revenu l'autre et il veut ses sandwichs
Tout cela devant un Louis hilare !!! On est toujours trahi par ses proches !
La nuit blanche se fait sentir et je commence à souffrir des pieds et des bras où de magnifiques cloques sont apparues.
Le chemin est beau et malgré quelques côtes, il n'y a pas de problèmes majeurs.
Louis tente de m'expliquer les subtilités de l'agriculture et de m'enseigner quelques rudiments, mais il est désespéré en voyant que pour moi, tout ce qui est vert est une herbe et tout ce qui pousse plus haut que la moyenne, du blé ou de l'orge (sans que je fasse au demeurant la différence entre les deux).
Je le sens qui par moment s'énerve un peu et en douce cela me fait rigoler, d'autant que j'en rajoute en râlant en permanence, contre le soleil, le chemin, les cailloux, le sac à dos, les agriculteurs et le reste du monde. Je me demande cependant s'il va avoir le courage de me supporter encore longtemps ou si dans un passage incertain il ne va pas se débarrasser de moi en me poussant.
Nous nous arrêtons un peu après Finieyrols où l'on nous invite sans gentillesse à passer notre chemin, pour déjeuner.
Comme d'habitude le redémarrage est dur après le repas, en plus il fait chaud. Je râle (pour le principe) dans les descentes contre les cailloux qui roulent et dans les montées contre : les ornières, l'imbécile qui a tracé ce GR, moi qui devrais être au frais avec Sabine à la maison et contre Louis qui trouve ce chemin « passionnant ».
Je m'arrête au lieu-dit Montgros, chez Rosalie, tandis que Louis continue cette fois seul jusqu'à Nasbinals (à 3 km).
Je me retrouve en dortoir de 6, mon lit fait un bruit d'enfer même sans bouger, juste le fait de respirer !
Cette nuit va être une horreur, surtout pour les 5 autres car moi avec la nuit blanche d'Aumont Aubrac je vais dormir, mais à mon réveil le matin en voyant les regards assassins des autres je me dis qu'ils ont dû regretter ma présence dans la chambre.
Le dîner est à 19h30, nous mangeons bien, il n'y a pas beaucoup de monde à table. Le petit déjeuner est à 8 h et j'ai rendez vous à 9 heures avec Louis à 3 km de là ... ça va être short.

La maison de Rosalie à Montgros
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