Les Chemins Vers Compostelle

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Etape 07 - Saint Chely à Espalion

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Pèlerinage vers Saint-Jacques de Compostelle - septième étape

Louis et moi nous retrouvons devant la boulangerie-épicerie de Saint Chely, il est 8h30 et il pleut, mais cela ne dure pas. Nous prenons la route dans la bonne humeur. Les paysages sont toujours aussi beaux. Mais très vite les sentiers cèdent la place à des lits de ruisseaux plus ou moins boueux et les montées succèdent aux descentes sans que l'on sache ce qui est le plus fatiguant ou le plus douloureux.

La fatigue me gagne rapidement et j'ai de plus en plus mal à une cheville (la droite), à mes ampoules (j'en suis à 7 en cumulé sur les 2 pieds) et j'ai de la fièvre en raison des coups de soleil qui commencent à avoir une sale tête (la chair du bras droit est à vif).

Je peine à suivre Louis qui continue, lui, à marcher à son rythme, trop rapide pour moi.

Nous mangeons en cours de route et je fais part à Louis de ma décision de tout arrêter. Je n'en ai rien à faire de ce que l'on va dire ou penser et je n'ai plus rien à prouver mais là j'ai mal partout et j'en ai ma claque de ce chemin où je passe plus de temps à souffrir qu'à profiter du paysage. Louis a l'air un peu consterné par ma décision.
De plus je suis d'une humeur massacrante comme à chaque fois que je ne suis pas dans mon assiette et nous arrivons enfin à Saint Côme d'Olt où normalement Louis doit s'arrêter.

Je suis « crevé », je n'arrive plus à poser mon pied droit par terre et cette .............. de sac à dos me fait mal. Or il me reste 6 km à faire avant d'arriver à mon hôtel à Espalion. Je voudrais y aller par la route, ce qui me ferait gagner du temps, mais Louis me dit qu'il veut bien m'accompagner si je reste sur le GR.

J'accepte, bien que cette décision ne me réjouisse pas, car je sais que le GR va encore m'en faire voir de toutes les couleurs. Désormais c'est sous une pluie battante que nous avançons et nous mettons plus de 2 heures à monter sur un chemin étroit et glissant. Depuis longtemps, tout est mouillé jusqu'au caleçon et les chaussettes.

Cette fois c'est décidé : ce soir je téléphone à Sabine et je rentre à la maison. Que plus personne ne me parle d'aller marcher pendant les 2 ou 3 siècles qui viennent.... A la place des pieds, je vais me faire greffer des roues, je ne veux même plus voir une paire de chaussures.

L'arrivée sur Espalion est interminable.

En plus, supplice final, Louis me fait pendre le mauvais chemin, ce qui nous rallonge encore un peu plus. Malgré le fait qu'il ait tenu à me tenir compagnie, ce qui est plutôt sympa de sa part, à ce moment précis je crois que je le maudis pour quelques générations.

Complètement trempés, nous nous effondrons dans un bar où nous buvons notre panaché habituel. Sur la place nous retrouvons un des deux couples de l'Essonne et la dame, très gentiment, raccompagne Louis jusqu'à son gîte à St Côme.

Moi je vais jusqu'à l'hôtel Moderne , où l'on m'a réservé une chambre sordide sous les combles, une pièce à la limite de l'insalubre où le papier tombe avec l'humidité, un lavabo ébréché, un lit minable dans un coin d'une pièce sombre. Là c'en est trop, je redescends à la réception et je leur demande une chambre décente et non un cagibi et je ne suis pas vraiment d'humeur à discuter.

Cela doit se voir car la réceptionniste me donne immédiatement une autre chambre qui ne me coûtera au final guère plus cher que la première, mais qui au moins est propre, claire, dispose de la télévision et d'une salle de bain.

Je remonte m'enfermer, me calmer, prendre une douche et me reposer sur le lit.

Je descends à 19h30 pour le dîner : je m'offre un whisky, une tourte au poireau, une fricassée de volaille, les légumes, fromage et dessert.

Je remonte regarder « qui veut gagner des millions » et à 22h30 je ferme les lumières et les yeux.

Domani e un altro giorno

espalion

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