Suite de l'étape 05 - Cizur Minor - Puente La Reina - (19 km)

J'arrive à 3 km de Puente la Reina. Déjà ?- il est presque 11h. A cet instant, on a le choix de continuer tout droit ou de faire un détour de 2km pour passer par Eunate et son église / sanctuaire Mozarabe. Au diable l'avarice, j'ai le temps, et il serait dommage de passer à côté de cette "légende" du Chemin.

chapelle des morts - plerinage saint jacques de compostelle

Après être passé à côté de la chapelle des morts (en plein champ),Eunate

voici Eunate. C'est vrai que sa forme octogonale est peu banale. A l'entrée, un panneau raconte un peu l'histoire, ou ce que l'on croit en savoir. Il pourrait s'agir d'un ancien hôpital de l'ordre de Jérusalem ou quelque chose du genre… Passé le premier mur d'enceinte on pénètre dans un second, puis dans l'église. Certaines personnes sont entrées pieds nus. L'intérieur, très dépouillé, est tout petit, c'est plutôt une chapelle. Il y a une douce musique qui arrive de nulle part….On est littéralement happé par ce lieu. Contrairement à certains je ne m'assoie pas car j'ai l'impression que je pourrais y rester des heures…

J'apprendrais plus tard qu'il y a tout un rituel à observer avant de pénétrer à l'intérieur. Faire le tour du premier mur d'enceinte, puis le second l'envers, et tout ceci en disant des prières particulières, etc….

Je gagne rapidement Obañon puis Puente la Reina.

A l'entrée de la ville sur la gauche, se trouve un hôtel moderne (mais "taille basse" ), dont le parking est rempli d'autocars de tourisme.

L'un d'entre eux vient de déverser un lot de touristes Japonais. Certains sont en train de photographier (pléonasme ! ) la statue qui symbolise la réunion des 3 chemins en un seul, le Camino Francès.

Et là, ils me voient ! ça y est, je serai une vedette au Japon ! ça mitraille à tout va…Je suis une vedette, un pèlerin, un vrai, avec son chapeau, son sac et son bâton !

je finirai même par faire un signe de salut au caméraman….Vu ma tignasse noire et drue, sous mes lunettes de soleil, ils me prennent peut-être pour un compatriote ? (on me dit souvent que j'ai un petit air asiatique…)

puente la Reina

Contrairement à ce que je pensais, le pont n'est pas à l'entrée de la ville mais à la sortie. Il y a deux auberges, et après pas mal d'hésitation, je choisi la première, très bien, (l'autre est beaucoup trop loin à mon goût …).

Après la rituelle toilette lessive, je m'attable dans la grande salle à manger (j'ai pu acheter du pain, et des fruits à Obañon , et il me reste un peu de gruyère ainsi qu'un bout de saucisse sèche ).

A côté de moi, un monsieur et une jeune fille mangent. Il s'adresse à moi , lentement, "...vous….voulez…des…lentilles…" ce que je refuse poliment, mais la conversation est engagée.

J'apprend qu'il est Allemand (aucun accent en Français…, que la jeune personne en face de lui est sa fille (mais Brésilienne). Elle ne parle d'ailleurs que Portugais, a 24 ans mais en paraît à peine 16….il ne l'a pas vu depuis 4 ans. Au moment où elle a décidé de venir le voir, il venait de planifier son départ pour Compostelle. Elle a alors décidé, au pied levé, de l'accompagner.

Il s'appelle Félix et elle LUA (ce qui veut dire je crois Lune en portugais). Au fur et à mesure, je m'aperçois qu'il me parle en Français, s'adresse à sa fille en Portugais, échange quelques mots avec des Anglais, et aussi des Allemands, et tout cela de manière très fluide…Je lui demande alors combien il parle de langue, il me répond qu'il a arrêté de compter ! dingue ! Je leur "offrirai" du pain qu'ils apprécient, et la fin,  mon dernier morceau de gruyère.

Il est 16h30. Il est temps d'aller visiter et faire à nouveau quelques courses "en ville".

Dans la calle Mayor (il y a toujours une calle Mayor dans les villages), les magasins viennent d'ouvrir. Il y a un petit attroupement autour d'une femme qui chante au son d'une guitare mexicaine.

La foule grossie, jusqu'à boucher la rue.

Je n'arrive plus à voir ce qui se passe au milieu. Je ne comprend rien aux paroles. Et là c'est la folie. A la fin de chaque couplet la foule applaudi, puis ils se mettent à chanter (sauf les deux ou trois touristes comme moi). Ça à l'air d'être un pot-pourri de chansons très connues. Certains dans la foule ont les larmes au yeux…(why ???) -


Il n'y a qu'ici, en Espagne, que l'on peut voir ça ! je regrette encore plus aujourd'hui de ne pas parler Espagnol…Je pars car si je reste, je fais finir par pleurer aussi….je ne vais pas très loin, 50 m et m'engouffre dans une boutique de souvenir pour acheter des pin's "flèches jaunes". Achetez-les ici car après c'est très difficile d'en trouver...même à Santiago. Par contre, pour ce qui est céramique et symboles du chemin, vous pourrez attendre d'être arrivé Compostelle.

Je n'y resterai que le temps de les prendre et de payer, c'est à dire 2mn….et quand je ressort, la rue est vide. Entièrement vide. Plus un bruit, rien….ais-je rêvé ? mais où sont passés tous les gens qui étaient là ?

Heureusement pour moi, ça c'est vraiment passé, j'ai pris des photos (et je vérifie grâce à l'écran de l'appareil numérique). Dans le cas contraire, j'aurais peut-être pensé à consulter un spy sur le champ!…

rue Puente La Reina

Je continu et arrive au fameux pont.

En me penchant j'aperçois en bas, dans une allée, l'italienne (vous savez, celle de Pampelune qui avait des problèmes avec ses pieds ) et un jeune homme (pèlerin) assis sur un banc.

Ola, Forza Italia ! (je ne sais dire que ça ! et je ne connais pas son nom…)

- Mais elle comprend un peu le Français, et me dit qu'elle ne s'arrête pas là aujourd'hui.

Je la reverrai à Léon d'où elle s'envolera pour l'Italie, ses vacances sont terminées.

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