Etape 05 - Cizur Minor - Puente La Reina - (19 km)

La nuit s'est bien passée. Il faut dire que ce gîte est vraiment très confortable. A 4h du matin, certains pèlerins commencent déjà à préparer leurs affaires. Ils essayent de ne pas faire trop de bruit, et tout cela dans le noir… Je me lève pour voir le temps.

On ne voit presque plus les éoliennes d'El Pardon. Beaucoup de nuages…peut-être va-t-il pleuvoir ?

A nouveau, je m' habille "en pluie". A la sortie de Cizur Minor, des flèches indiques à droite (vers une zone pavillonnaire toute neuve) alors que les éoliennes sont droit devant…(et je sais que l'on doit passer à leur pieds). J 'hésite..comme j'étais sur le trottoir de gauche, je me dis que cela veut peut-être simplement dire qu'il faut changer de trottoir et se mettre à droite, histoire de prendre un chemin plus loin sur la droite (il arrive parfois que la suite du chemin nous oblige à traverser la rue, mais à la continuer sur une bonne distance avant de trouver la bifurcation).
Je continue tout droit. 100m, 200m, 300m, rien..plus de signes…voilà ce que c'est que d'être "chouchouté" tout au long du chemin avec des signes tous les 100 m ….Après , on panique dès que l'on fait 300 m sans…400m, ouf ! en voilà une. Quelques 600 m plus loin, je rejoins en fait l'autre parcours (celui de la zone pavillonnaire).
Je comprendrai alors que c'était pour éviter de marcher directement sur la route nationale (toujours dangereuse…mais à cette heure , je n'ai vu aucune voiture....). Cette bifurcation à droite décrie en fait une grande courbe qui revient avec le chemin, bien en face des éoliennes.

L'ascension del Alto Del Pardon commence…du gâteau..(si je vous le dis ! ).

Il faut dire qu'après Roncevaux tout me paraît plus facile…Il y a une autre raison, j'ai mangé toutes mes réserves, j'ai donc  1,5kg en moins dans le sac ! Je croise Nicole accompagnée d'une Norvégienne qui a oublié ses 2 bâtons à l'auberge ! Grâce à son téléphone portable elle téléphone à l'auberge mais mauvais numéro..ça ne passe pas…après pas mal de recherches, on s'aperçoit qu'elle fait le 0033 (France) au lieu du 0034 (l'indicatif international d'Espagne), elle a dû oublier qu'elle avait passé la frontière du côté de Roncevaux ;-))

Ça marche. L'aubergiste (qui doit entendre ça dix fois par jour) lui dit qu'il lui feront parvenir les bâtons (par le bus régulier) à l'auberge de Puente la Reina. Vraiment bien organisés ces Espagnols.

Quelques jours plus tard je la rencontrerai à nouveau avec ses bâtons, et de mémoire, elle a dû de dire qu'elle avait payé quelque chose comme 40 euros…c'est dire le prix du neuf...

eoliennes

Les éoliennes approchent…énormes..

Il y en a sur toute la crête, à gauche et à droite. Au fur et à mesure de l'ascension le vent forcit. Mais toujours pas de pluie…

Arrivé au sommet je comprend pourquoi ils les ont placé ici ! C'est pas le col de Bentarde, mais ça souffle quand même pas mal.

Au sommet, c'est très étrange…serait-ce encore un signe ? En regardant en arrière (du côté de Pampelone, c'est à dire d'où je viens), on voit la vallée et les Pyrénées lointaines, et tout cela plongé dans une certaine obscurité due bien sûr aux nuages. Je tourne la tête et regarde cette fois vers Puente la Reina (vers Santiago…), et malgré les mêmes nuages, cette zone est baignée dans une douce lumière, lumineuse, qui réchauffe le cœur….un peu comme les paysages que l'on peut admirer chez certains peintres hollandais des 18 et 19 siècles . C'est très difficile à expliquer, mais à cet instant, j'ai vraiment l'impression au plus profond de moi-même d'aller vers le bonheur….On quitte l'ombre pour la lumière….

ci-dessus d'où je viens...

Puente la Reina - plerinage saint jacques de compostelle

et où je vais....quelle lumière !(Évidemment la sensation n'y est pas....)

Qui dit montée, dit descente….et celle là est très pentue, au milieu des galets.
Il se pourrait bien que ce soit l'ancien lit d'un torrent.

Les genoux dégustent (à nouveaux). Et la descente dure…

La Norvégienne était avec moi au sommet, dans la descente elle m'a semé, et sans bâton ! Je ne l'ai plus revue dans cette étape..Ha, ces vikings, qu'elle robustesse ;-))

On commence à voir des vignes. Dommage que l'on ne soir pas en septembre, je me serais bien mangé quelques grappes…idem pour les amandiers. Les villages défilent. Enfin, villages, il faut le dire vite. Ce sont plutôt des hameaux. Passé le sommet, le vent a faibli et la température est douce.

 

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