Suite de l'étape 32 - Arca de Pino - Santiago ( 21 km )

Comme certainement des millions de pèlerins avant moi, je suis sur la place et regarde la cathédrale. Cette cathédrale et cette place qui sont mienne.

J'ai un immense sentiment de puissance face à cette foule de touristes. because I did it !

Mais ça n'est plus mon problème. Sac à dos, j'entre dans la cathédrale. C'est l'heure de la messe. Mais rien à voir avec ce que l'on peut imaginer en France.
Beaucoup de bruits, un mélange de groupes de touristes avec guides, des gens assis parterre, des gamins jouent avec leur Gameboy... d'autres sont assis sur les chaises, et d'autres comme moi qui déambulent et font le tour, pèlerins hagards...


J'irai juste voir le sarcophage de Saint Jacques (et je ne suis pas dupe).

Je suis mal à l'aise, je me demande ce que je fais là.... Je n'irai pas voir la statue de St Jacques pour lui faire l'accolade comme le veut la tradition…(en fait je crois bien avoir oublié...lol)
J'ai envie de chasser tout le monde…Qu'on me laisse seul avec ma Cathédrale. Qu'on me laisse seul avec mon désespoir….?

Bizarrement ça n'est pas la joie qui l'emporte, mais une immense sensation de vide…

et maintenant, que vais-je faire de ma vie ?

St Jacques de Compostelle

En y réfléchissant maintenant , ça faisait bien 2 ou 3 jours que le moral n'y était plus. Les fôrets d'Euclyptus, j'en avais marre, marcher, j'en avais marre, j'étais à la fois pressé d'arriver, et en même temps je redoutais l'instant...car je savais que cette arrivée sonnerait la fin du rêve...

Je me rends au bureau des pèlerins pour obtenir la Compostela. Est-ce bien nécessaire ?  là aussi, le doute m'envahi…est-ce juste un "attrape peregrinos...?" Mais si après, quelques mois plus tard, je regrettais de ne pas l'avoir prise ? alors je fais la queue….30 mn…je me pose encore la question….attendre pour quoi ?

je prend mon mal en patience et 50 mn plus tard j'ai le fameux papier …La personne m'a également donné un plan de Santiago et me demande si je désire savoir autre chose. Très sympa. Je lui demande si elle connaît une pension "no Costoso"…je n'ai pas envie, pour la dernière nuit, d'aller dans une albergue avec mes amis ronfleurs. Elle m'en indique 3.

Donc, même si ça vous paraît pénible, allez-y. c'est avant tout un super bureau d'office de tourisme, et vous pourrez y obtenir tous les renseignements possibles...

Avant toute chose, je dois aller à la gare pour acheter le billet de train. Me voilà parti sac au dos pour un bon kilomètre et demi…mais j'ai l'impression d'avoir des ailes…


Plus tard dans l'après-midi, après avoir déposé mon sac à l'hôtel, je flâne un bon moment dans les trois ou quatre rues touristiques à la recherche de quelques souvenirs. Je m'assoie à la terrasse d'un café. J'ai encore dû dire un truc de travers en Espagnol au garçon, car il m'amène non pas une bière, mais un demi-litre de bière ! décidemment, j'aurais dû prendre des cours d'Espagnol...

 

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