Etape 01 - Préparatifs et première étape - 23 km -

Pèlerinage de Georges vers Saint-Jacques de Compostelle - GR65 -

Du Puy en Velay à Saint Jean Pied de Port

Première partie : 6 mai – 5 juin 2008

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LES PREPARATIFS

N’avez vous jamais entendu dans votre entourage une personne vous dire : « j’ai tellement envie de faire ceci ou cela » ? et qui ne le fait jamais ? si, bien sûr ; de même vous avez du souvent entendre parler de ce chemin de Saint Jacques de Compostelle et nombreux sont ceux qui « ont eu envie de le faire » mais sont restés chez eux.

A quel moment ai-je décidé de me lancer sur cette voie mythique ? Je n’en ai pas gardé le souvenir, mais je sais qu’un matin j’ai annoncé à tout le monde, amis et parents « je vais partir pour faire la première moitié du chemin de Saint Jacques ». Une fois cette idée annoncée à haute et intelligible voix, il ne me restait plus qu’à l’exécuter car il était hors de question de renoncer alors que tout le monde attendait mon départ, même si les sceptiques étaient nombreux.

La date fatidique fut fixée au 5 mai, lendemain de mon anniversaire, Sabine devant m’accompagner jusqu’au Puy en Velay. Le mardi 6 au matin, il était prévu que je m’élance sur le GR 65 qui double le célèbre chemin. Suivirent quelques mois de préparation, essentiellement virtuelle : passage sur les sites expliquant toute la difficulté de ce chemin, liste de matériel, recherche du sac à dos idéal, visites fréquentes chez Décathlon et, de temps en temps, une marche dans le Vexin pour vérifier que tout fonctionnait encore bien.

Il m’arrivait cependant parfois d’avoir des doutes ! Etais-je préparé à une si longue marche d’un mois et de plus de 700 km ? Et si physiquement je devais arrêter ? Et moralement, comment allais je réagir à la solitude ? Je laissais en plus Sabine avec le problème non réglé de la vente de notre pavillon (merci ORPI), mais la décision était prise, Sabine avait proclamé l’annonce de mon départ un peu partout (y compris à la boulangère) et je ne pouvais décemment me « dégonfler ».

Le vin était tiré il me restait à le boire (avec la lie) tout au long du chemin.

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Plus que 1475 km !

Le 4 mai, les enfants sont à la maison pour fêter mon anniversaire et j’ai comme l’impression que tout le monde attend de voir ce qui va se passer ! Très décontracté en apparence, j’annonce que nous partons toujours le lendemain matin pour le Puy en Velay et que Sabine remontera, seule, le 6.

Au cours de mes préparatifs, j’avais fait la connaissance grâce à internet, sur un site très catholique, d’une personne désireuse de faire le chemin en entier mais craignant de le faire seule.

Nous avons dialogué et nous avons convenu de nous rencontrer au Mans, où elle réside avec son mari, pour affiner le projet. En quelques mots : le repas fut une réussite mais le lendemain elle m’annonçait qu’elle renonçait à partir avec moi. Raison invoquée ? Son mari ne voyait pas d’un très bon œil sa femme sur les routes, avec un homme (moi, en l’occurrence) pendant un mois voire plus.

Je pense plutôt que je n’avais pas le profil souhaité du marcheur de compétition capable de suivre la sportive entraînée qu’elle était.

Peu importe, marcher seul correspondait bien plus à ce que je souhaitais.

Le 5 au matin, sac à dos bouclé, bâton de marche et chaussures rangés dans le coffre de la voiture, nous prenons la route. Moune qui a du sentir un départ et qui a toujours peur d’en faire partie, est restée invisible. Je n’ai pas droit à un au revoir de sa part.

En début d’après midi nous arrivons au Puy et allons visiter la cathédrale, j’y récupère comme bon nombre de pèlerins mon premier tampon sur mon « créanciale »

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Mon premier tampon

Nous partons ensuite à la recherche d’un gîte pour la nuit et empruntons la route que demain je devrai faire à pied ! Incroyable ce que ça peut monter ! Nous finissons par arriver à Saugues où nous trouvons à nous loger.

Nous avons fait en une demi-heure ce qui me demandera bientôt deux jours de marche…..

Le 6 au matin, un peu stressés et un peu émus, nous prenons notre petit déjeuner et Sabine me dépose au début du GR 65.

Il pleut déjà et ce n’est qu’un début.

De nombreux marcheurs nous doublent alors que nous nous disons au revoir et je pars sous la pluie, le cœur gros en évitant de me retourner. A quoi bon ? C’est moi qui ai décidé de le faire, n’est ce pas ?

Dès le départ je me dis que le sac à dos est trop lourd et que je vais devoir faire des choix si je veux pouvoir continuer sans trop de problèmes.

Une pièce de plastique qui est fixée sur la sangle de droite me rentre dans le biceps et devient très vite gênante. J’ai un peu de mal en ce début de chemin à trouver le rythme qui convient et mes pensées vont vers Sabine qui est sur le chemin du retour : et si je lui téléphonais ?

Elle reviendrait me chercher là où elle m’a laissé, je peux toujours dire que je me suis fait une entorse ou que j’ai été attaqué par des pèlerins affamés. Tout en envisageant les hypothèses qui me permettraient de ne pas perdre la face, j’avance et je sais très bien que je vais continuer jusqu’à ce que mort s’ensuive (ou que j’arrive à St Jean Pied de Port).

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Le départ sous la pluie

 

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