Etape 03 - Saugues à Saint Alban sur Limagnoles

Nous sommes le 8 mai au matin. Après un petit déjeuner dont ma mémoire n'a pas gardé le souvenir, c'est de bonne heure et de bonne humeur que je retrouve Louis et que nous entamons cette nouvelle journée de marche.
Dans l'ensemble, tout va bien sur le premier tiers du trajet et plus exactement jusqu'à Chanaleilles, où nous nous arrêtons pour manger tranquillement.


Nous sommes à 1 170 mètres d'altitude (pour mémoire Saugues est à 960 m), pas de problèmes particuliers si ce n'est des coups de soleil qui commencent à tirer un peu, mais jusqu'à présent à part un peu de rougeur je ne les ai pas sentis.
La deuxième partie cependant commence à paraître plus longue et les conversations entre Louis et moi deviennent rares, nous marchons comme des mécaniques, un pas après l'autre sans trop réfléchir. Dans ma tête j'ai repris une vieille habitude : je chante en essayant de trouver un air qui colle à mon allure de marche, aujourd'hui c'est du Balavoine.


Le GR a changé et nous passons à coté du gîte « le Sauvage » qui n'offre aucun intérêt mais rallonge notre route de 4 km. Nous n'avions pas besoin de ça !
La seule raison de ce détour réside dans le fait que le gîte appartient à la région et qu'y faire passer le GR peut encourager les pèlerins ou randonneurs à s'y arrêter. Ceux qui l'ont fait l'ont regretté ! L'accueil est détestable, la propreté plus que douteuse et les repas minables, le tout bien sûr assez cher.
Nous nous arrêtons à la chapelle Saint Roch et sa fontaine miraculeuse, nous espérons qu'elle va nous aider sur les derniers kilomètres ! Aujourd'hui j'ai bu plus de 3 litres d'eau depuis le départ de Saugues, il faut dire qu'il fait chaud et que ça monte bien (nous sommes à 1 280 m).
Louis me quitte en route pour aller à La Roche, il me reste 7 km à faire seul alors que j'en ai déjà 26 dans les « papattes ». Au début tout va bien, mais le chemin entre La Roche et le Rouget est raviné, interminable, je mets près de deux heures pour faire 5 km, la fatigue est là et j'ai envie de tout laisser tomber.


Je balance mon sac par terre et j'essaie de joindre Sabine au téléphone, au moins pour me remonter le moral mais bien sûr le portable ne passe pas.
Pour la première fois (mais pas la dernière) je me demande ce que je suis venu faire ici, qu'avais je besoin de prouver?
Au bout d'un moment je reprends mon sac sur le dos et je recommence à marcher. Alors que j'arrive au Rouget je vois un panneau qui m'indique que Saint Alban est encore à 3 km, cela n'en finira jamais.
J'arrive enfin à l'entrée du village, cela fait 10 h 30 que je marche et j'ai devant moi une immense zone industrielle, sans ombre, et rien que du goudron....
Je pars en direction du centre ville et je suis presque arrivé lorsqu'une voiture s'arrête à ma hauteur, c'est ma logeuse qui, inquiète de ne pas me voir arriver, est venue au devant de moi. Les 300 derniers mètres se feront en voiture !!!
Du coup elle m'emmène visiter le cimetière des fous où Eluard se réfugia pendant la guerre pour échapper aux allemands, puis le château de Saint Alban et enfin le gîte , il est 18 h 30 !


J'ai une superbe chambre avec tout le confort, je resterai bien sous la douche toute la soirée mais je finis par sortir pour aller manger au restaurant du Breuil.
Bof ! la nourriture est bonne pour 16 € mais l'accueil plus que moyen.
J'attends devant la seule cabine téléphonique du village qu'une gamine ait fini de raconter sa vie pour pouvoir enfin appeler Sabine: comme à chaque fois, le moral remonte en flèche après cette communication. Je rentre en chambre à 21 h 30 et plonge sous la couette.

cimetiere-eluard
Le cimetière des fous et le poème d'Eluard.

[1] Mme Soubiran, Lou Carreirou, route de Mende, 48120, St Alban

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