8ème étape - Lascabannes - Lauzerte - 22 km

Départ de Lascabanes vers 5h...il fait nuit, mais le chemin est facile...je passe près de la chapelle St Jean, la porte est grande ouverte, et si dans un premier temps je suis tenté d'y aller jeter un œil, la nuit, le silence et le reste...font que je suis pris d'un sentiment bizarre, bon allez j'avoue, je suis pas rassuré, la trouille...(peut-être un vieux souvenir d'un film d'épouvante ?), je ne sais pas pourquoi...donc je passe mon chemin....

A 500 m, j'aperçois deux tentes dans un pré. Sans doute des pèlerins (avec un chien). Ils sont en train de se réveiller. Je me retourne de temps à autre pour admirer le levé du soleil sur Lascabanes au loin.

Je rencontre en chemin une paire de chaussures abandonnée sur le bord du chemin. Marque très connue des randonneurs, neuves au premier abord, mais en y regardant de plus près, la semelle est complètement décollée sur plus de 10 cm. C'est la même marque que les miennes ! Peut-être pas le même modèle, en tout cas, les miennes, elles ont déjà fait plus de 1000 km en 2005, et je les ai encore au pied cette année. Comme neuves...Comme quoi, au sein d'une même marque...peut-être un défaut de fabrication ? ou alors il a ouvert à cause d'ampoules, pensant que ça résoudrait le problème ? En tout cas, elles sont maintenant inutilisables...

Je n'irai pas voir Montcuq. (Ben oui, il fallait bien que je la fasse...) – je prends la variante. Ça doit faire gagner un kilomètre ? Mais c'est surtout que vu l'heure (vers 7h), il ne doit pas y avoir grand-chose d'ouvert...Donc inutile de faire le détour.

vers-Bonal-295

Du côté du lieu dit Bonal, le chemin passe en bordure (voire en plein milieu) d'une ferme.

De loin, j'aperçois en haut de la côte, ce qui semble être une chaise avec une table et des choses posées dessus (comme du café par exemple).

Et je me souviens alors des récits (des années 90 ou 2000) qui témoignent que parfois, sur le chemin il arrive de belles surprises, des âmes charitables qui offrent une boisson ou quelques fruits au pauvre pèlerin assoiffé...

et bien j'en serai pour mes frais (et ma désillusion...). Le café est bien là, et les fruits aussi, mais payants !
- 50 cts d'euros le petit gobelet avec 4 prunes jaunes ou 7 ou 8 quetsches. De retour à la maison, je suis allé par curiosité au supermarché pour calculer le prix au kilo...1,50 euros le kilo de quetsches, c'est à dire environ 33 cts par rapport à ce qu'il y avait dans ces gobelets...(vendus 50 cts!....) autrement dit, elles étaient plus chère chez ce producteur (en direct) qu'au magasin...

et dire qu'à 500 mètres avant cette ferme, on longe des vergers de prunes... Bref...les temps changent...

L'arrivée à Lauzerte est assez difficile. Le chemin de terre est en descente à pic...je me demande comment font les pèlerins quand il pleut (ou ceux qui ont un âne...).
Je suis même obligé de m'agripper aux fils barbelés pour ne pas glisser (et au vue de la tête de la clôture, je n'ai pas dû être le seul).
Lauzerte est en hauteur, et bien sûr, je soupire....Juste avant de grimper au village, il y a un petit supermarché. Je m'y arrête faire quelques achats pour le soir et demain.
C'est là que je m'aperçois que j'ai bien déconnecté de la réalité.

Tout me semble trop bruyant, tout va trop vite, j'ai l'impression d'être dans une fourmilière alors qu'il n'y a peut-être que 20 personnes qui font tranquillement leurs courses...
D'ailleurs, les notes prises sur mon carnet se font de plus en plus rares...ça y est...je décroche...je suis devenu ce vagabond que plus rien n'intéresse si ce n'est la nature et la liberté, avec en point de mire Saint Jacques de Compostelle... A partir de là, il faudra que je fasse appel à ma mémoire si je veux vous raconter la suite...
Cela ne m'empêchera tout de même pas de vous parler du gîte « Les Figuiers »...un conseil, si vous avez prévu de vous arrêter à Lauzerte, allez-y...

 

etape suivante